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Lady MacBeth

Lady MacBeth

 Fiction / Drame

🎬  Réalisé par William Oldroyd  (2017)

  • Drame
  • Féminisme
  • Privilèges
  • Intersectionnalité

 Fiction


🎬 Réalisé par William Oldroyd  (2017)


 1h30

Triggers Warning : Meurtre, Violences sexuelles, Racisme, Humiliation[Voir les détails]

Meurtres

Au cours du film, Katherine assassine plusieurs personnes. Elle empoisonne tout d'abord son beau-père: le meurtre est filmé hors-champ, mais nous entendons l'homme agoniser (00:38:15) / Alors que son mari se bat avec Sebastian, Katherine le frappe avec un tisonnier. Elle le tue en lui assenant ensuite de nombreux coups à la tête. (00:52:30) / Enfin, avec l'aide de Sebastian, elle étouffe un enfant avec un coussin. (01:13:15)

Violences sexuelles

Après son mariage forcé, Katherine se retrouve seule dans la chambre de son mari. Celui-ci lui ordonne de se placer nue face contre un mur, alors qu'il se masturbe. (00:09:30) / Attirée par des cris, Katherine se précipite dans un établi. Elle découvre que les employés (dont le palefrenier Sebastian) ont déshabillé Anna, la servante, et l'ont suspendue au plafond dans un drap afin de l'humilier. (00:15:30) / Un soir, Sebastian se présente à la porte de Katherine et la supplie de le laisser rentrer. Il pénètre de force dans sa chambre et la plaque violemment contre un mur, malgré les refus répétés de l'héroïne. Même si celle-ci finit par l'embrasser et le jeter sur le lit, la scène ressemble fortement à une agression sexuelle. (00:21:45)

Violence

Lorsque que le beau-père de Katherine apprend qu'elle entretient une liaison avec Sebastian, il fait battre le jeune homme. (00:34:30)

Racisme

Tout au long du film, Katherine exerce son pouvoir sur Anna de manière extrêmement violente (en la faisant blâmer pour ses fautes, en l'humiliant, en la violentant psychologiquement), et fait en sorte que celle-ci soit exécutée à la fin du film, tout comme Sebastian. Le climat de violence raciste et classiste est extrêmement présent tout au long du métrage.

Humiliation

(00:33:15) Katherine, après avoir bu tout le vin de la maison, laisse son beau-père accuser Anna. Celui-ci humilie la jeune femme en la forçant à se mettre à quatre pattes et à marcher ainsi.

Pitch :

Titre français : The Young Lady
PUBLIC AVERTI

Dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, Katherine est mariée de force à un riche propriétaire, Alexandre Lester. La jeune femme s'ennuie dans la grande maison de sa belle-famille qui contrôle ses moindres faits et gestes. Le jour où son mari et son beau-père partent pour un voyage, Katherine peut enfin goûter à la liberté.

De quoi ça parle vraiment :

Représentation et visibilisation
Personnes Concernées
Feel Good
Militant
Déconstruction

Représentation et visibilisation

. Si le film a, à tort, été marketé par certaines critiques comme une histoire d'empowerment féministe, le propos de Lady Macbeth porte en réalité sur les différentes dynamiques de pouvoir dans l'Angleterre du XIXe siècle (et par extension, aujourd'hui). Le film, s'il n'est pas féministe, évoque l'oppression patriarcale dont est victime l'héroïne. Il explore également sa position d'oppresseuse par rapport aux personnages d'Anna, la servante, et Sebastian, le palefrenier.

. En mettant en scène les personnages de Katherine, Anna et Sebastian, Lady Macbeth met en place une observation intersectionnelle des dynamiques oppressives. L'expérience d'Anna en tant que victime du patriarcat, parce qu'elle est une femme noire et pauvre, est ainsi différente de celle de Katherine. De la même manière, Sebastian et Anna subissent la violence de classe de manière beaucoup plus dramatique que l'héroïne en raison de leur statut social.

Personnes concernées

. Le réalisateur William Oldroyd est un homme cis blanc. Le script de la scénariste Alice Birch (une femme cis blanche) est librement inspiré du roman "Lady Macbeth du district de Mtsensk" de Nikolaï Leskov.

Feel Good

. Lady Macbeth est un drame sombre et violent. Le film comprend des scènes de meurtre, d'humiliation et dépeint des dynamiques abusives. Le climat de violence raciste et classiste est extrêmement présent tout au long du métrage.

Militant

-

Déconstruction

. A travers ses choix de casting, Lady Macbeth déconstruit le white-washing habituel des films historiques, dans lesquels toustes les protagonistes sont blanc·he·s. Ici, la moitié des personnages principaux sont des personnes racisées.

. Avec son script complexe et non manichéen, Lady Macbeth déconstruit également la narration du film historique "féministe". Dans ce genre cinématographique, les dynamiques d'oppression sont très souvent représentées de manière binaire et souvent volontairement simplifiée: la femme cis hétéra blanche est uniquement dépeinte comme la victime du système patriarcal.

Dans Lady Macbeth, William Oldroyd et Alice Birch choisissent de faire un portrait beaucoup plus réaliste de ces femmes blanches qui se sont libérées du carcan patriarcal en n'ayant aucune considération pour les vies de personnes racisées et pauvres. L'héroïne que le cinéma nous a appris à aimer n'est ici plus la victime que nous souhaitons voir triompher: elle est l'oppresseuse, la complice active d'un système raciste et classiste.

Si Katherine semble ébranler le status quo en se rebellant contre ses oppresseurs masculins riches, elle incarne en réalité ce status quo. Le film nous questionne sur le refus du cinéma d'examiner les autres dynamiques oppressives qui permettent aux femmes blanches aisées d'utiliser leur féminité, leur blanchité et leur statut social afin de maintenir leurs privilèges.

A ce propos, lire l'excellente critique de Desirée de Jesus sur Another Gaze: Why ‘Lady Macbeth’ Is The Intersectional Feminist Film You Didn’t Know You Needed

Bémols

. Pour certain·e·s critiques, le fait que les personnages qui subissent la violence de Katherine soient racisés n'est pas une subversion: au contraire, ce rapport de pouvoir enferme une fois de plus les personnes racisées dans un rôle de victime passive. De plus, la multiplication des scènes de violence physique ou psychologique à leur égard peut faire tomber le film dans une certaine forme de complaisance, malheureusement souvent présente à l'écran. Lire l'article de Charles Taylor à ce sujet.

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